Madama l’historienne
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Il y a des personnes qui nous marquent bien au-delà de ce qu’elles nous ont enseigné. Samedi, au palais d’Andafiavaratra, on a rendu hommage à l’une d’elles : le professeur Lucile Rabearimanana. Rien d’étonnant à ce qu’on l’honore chez le Premier ministre : elle en a formé deux. Et pas seulement des historiens : géographes, journalistes et tant d’autres ont suivi ses cours. Ses anciens étudiants comptent des ministres, des responsables à l’UNESCO, à l’ONU, à la Banque mondiale. Pour ses étudiants, elle est Madama l’historienne. Madama, version malgache de « Madame», dit à la fois le respect et la tendresse. Le surnom n’a pas d’origine précise : son nom fait partie de ceux qui reviennent quand on évoque l’histoire à Madagascar. Elle était parmi les rares femmes de la discipline à l’époque, et son nom s’impose quand on associe femmes et histoire.
Aujourd’hui encore, certains l’appellent « Madame Presse d’opinion » ou « Madame 47 », deux noms qui disent ses sujets de recherche. Madama, c’est aussi une allure : le sac de marque, les costumes de grande dame, le châle toujours assorti, les parfums de l’excellence. Pour obtenir son attention et sa bonne humeur, rien ne valait un compliment sur sa tenue du jour. La flatterie avait beau être tactique, elle n’était jamais fausse : elle était vraiment la grande dame. Elle a appris à ses étudiants, et surtout à ses étudiantes, à soigner l’être et à être remarquables, avec la distinction des « gentlemen » et des « ladies ». C’est cette grande dame que l’on était venu saluer samedi à travers un ouvrage collectif « Madama l’historienne» Hommage à Lucile Rabearimanana. Le livre présenté réunit une dizaine d’historiens, anciens étudiants et collègues. Un hommage de son vivant : chez nous, on découvre souvent les qualités des gens au…
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